Vient de sortir :

 

 

« Revue Thomiste »

n° III - 2000,

 

 
 

 

 

 


Le numéro juillet-septembre 2000 de la Revue Thomiste s’ouvre avec la publication de deux inédits du père Labourdette. Décédé en 1990, il dirigea la Revue Thomiste de 1936 à 1954. Autant dire qu’il fut l’un des témoins privilégiés du « second renouveau » thomiste, avec Maritain, Gilson, Chenu, Congar, etc.

 

La Revue nous offre justement pour premier dossier un échange de correspondances entre Labourdette et Maritain, ainsi qu’entre leurs assistants directs. Ces lettres abordent  la très difficile et très explosive question des relations entre Dieu et le mal. Dieu a-t-il voulu le mal ? Si oui, est–il toujours bon ? sinon, quelque chose peut-il exister en dehors d’une volonté divine ? Dieu se contente-t-il de permettre le mal ? Si oui alors est-il co-responsable passif ? si non, le mal ne saurait exister, ou Dieu ne serait plus Dieu. Maritain entend traiter de ces questions dans l’ouvrage « Court traité de l’existence et de l’existant ». Les distances prises par les dominicains vis à vis des thèses maritanienne s’entrevoient ici.

Le second inédit est une conférence du père au sujet de la « morale de l’intelligence ». S’appuyant implicitement sur le commentaire du Livre 6 de l’Ethique d’Aristote, il développe les exigences et les moyens, naturels et éthiques, d’entretenir son intelligence, de la cultiver et de l’affiner, et de la porter aux sommets des considérations spirituelles.

 

Ces notes sont suivies d’un très riche article de Yves Floucat, dont l’œuvre vient d’être couronnée par l’Académie des Sciences Morales et Politiques, et par l’Institut de France. Son thème : « Enjeux et actualité d’une approche thomiste de la personne ». Le sujet nous a paru si intéressant et si important que nous avons procédé à une lecture commentée intitulée : « Une Métaphysique de la Personne » à laquelle nous renvoyons.

 

Un heureux rappel sur la vraie nature de l’indulgence suit l’article de Floucat. Il fait le point de la question chez les différents Docteurs de l’Eglise. Il manifeste sa légitimité malgré les perversions dont elle a été l’objet. Il nous remet devant nous même en cette année jubilaire, source d’indulgence plénière si nous le voulons.

 

Viennent ensuite les recensions de livres, dont un long développement à propos de trois ouvrages édités coup sur coup au sujet de la fête juive de Sukkot – la fête des tentes – . Ils rappellent la popularité de cette fête, à la fois naturelle, sociale et spirituelle. Son origine fut sans doute – déjà – la sanctification  d’une réjouissance païenne de la saison d’automne, où les hommes, soumis aux rythmes des travaux des champs, devaient vivre alors sous des abris de fortune. Le symbole de la cabane fut ensuite transfiguré pour désigner le Tabernacle, temple de toile de l’Arche d’Alliance, ainsi que la précarité de la vie, thème juif éternel.

 

On ne peut que se réjouir du travail multiforme de cette revue très complète et très documentée.