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| N° 17. EDITION OCTOBRE 2002 : | |||||||
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* Raison et spiritualité - «La raison a la propriété de réfléchir sur elle-même». Cette petite phrase apparemment anodine, doit être comprise dans toute sa profondeur.
La main est un outil magnifique de dextérité et de ressources, la merveille de l'artiste, du médecin ou du prestidigitateur. Mais elle est d'abord «l'outil des outils», grâce auquel nous fabriquons et manipulons tous les instruments conçus par le génie humain. Elle n'est plus l'exécutante, mais le maître d'uvre de l'action. L'intermédiaire entre l'esprit et la matière. L'art est la discipline par laquelle la raison peut "manipuler" les autres facultés de l'homme comme l'imagination, les sentiments et même la volonté. Mais la raison possède en outre la faculté inouïe, absolument inimaginable et unique dans tout l'Univers, de pouvoir se manipuler elle-même. Comme une main qui pourrait s'attraper ! Elle bâtit pour elle-même un art, placé au cur de tous les autres arts : la logique, qui mérite pour cela le titre d'«art des arts». Chaque mouvement de la main dessine une occupation définitivement unique de l'espace. Cette spatialité lui interdit de se saisir elle-même. Elle ne peut se mouvoir dans une configuration donnée, et au même instant, dans un même geste, se mettre dans cette autre configuration qui lui permettrait d'agripper la première. Tout ce qui est matériel en est empêché par son déterminisme spatial. Il faut une seconde main pour saisir la première. A l'inverse, que la raison réfléchisse sur son propre acte est une preuve décisive de son immatérialité. Qu'elle puisse raisonner, et dans un même acte, raisonner sur son raisonnement, l'élève pour toujours parmi les réalités de type spirituel, hors de l'espace. Luc Ferry ne l'a pas compris. Dans la nouvelle et magistrale "Illustration" logique de Gilles Plante, vous lirez ces phrases de notre ministre : «Lorsque je réfléchis à moi-même, il est évident qu'il y a deux "je" dans l'affaire : le "je" que je considère et le "je" qui réfléchit à celui dont il parle. Je suis toujours, dès que je réfléchis, en décalage par rapport à moi-même et donc contraire au principe d'identité. Je ne suis pas ce que je suis.» [extraits partiels] "... Je ne suis pas ce que je suis ... " De prémisses fausses, on peut conclure n'importe quoi, et nous en admirons un bel exemple. Luc Ferry, malgré ses dénégations, a une vision matérialiste de l'esprit, qui l'oblige à poser deux "je" matériels jouant à chat, là où un seul "je" spirituel est parfaitement apte à s'appréhender lui-même. Voici les propositions de ce mois : * Suite des cours au menu 10 "E_Studium" :
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* Evénement au menu 8 "Actualité de Thomas d'Aquin" :
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