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| N° 32. EDITION FEVRIER - MARS 2005 : | ||||||
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* Animation. «Au temps où le Seigneur Dieu fit le ciel et la terre, il modela l’homme avec la poussière tirée du sol ; il insuffla dans ses narines le souffle de vie» (Gn. 2,7). Au cours des millénaires, Dieu modèle la glaise. Il modèle un corps. Il modèle un animal. Il modèle un mammifère. Il modèle un primate. Et après avoir modelé son naseau en narines, il lui insuffle l’esprit et le nomme “Adam”, le glaiseux. «Toutes les créatures du monde se trouvent en l’homme, c'est pourquoi on l’appelle un microcosme» (Som. Théol., Ia, q91, a1).
Et aussi : « Certaines étendues d’eau pouvaient contenir en solution des concentrations élevées (...) des acides nucléiques et protéines. Dans cette “soupe prébiotique”, diverses macromolécules pouvaient se former par polymérisation des (...) amino-acides et nucléotides ... Une séquence polynucléotidique peut effectivement guider, par appariement spontané, la formation d’éléments de séquences complémentaires ... La troisième étape, c’est par hypothèse, l’émergence graduelle des systèmes téléonomiques qui autour de la structure réplicative, devaient construire un organisme ... C’est ici qu’on atteint le “mur du son” » (J. Monod, Le hasard et la nécessité). Sans donner valeur de certitude au modèle évolutionniste illustré par ces deux citations très éloignées, notons cette commune intuition que l’apparition de l’organisme vivant est le terme soudain d’un long travail d’agencement venu tant de l’environnement que du dynamisme interne des composants. La vie la plus élémentaire comme la plus complexe, jaillit tout à coup d’une lente maturation de la matière. L’animation pose la clef de voûte, qui, au terme de l’édification des piliers, dispense des contreforts et dresse l’arche debout. Elle est l’étincelle finale, portée par son contexte pour totalement révolutionner l’ordre antérieur et donner le jour à un monde nouveau. «L’air s’embrase subitement et non pas progressivement, mais seulement après avoir été porté, degré après degré, à température suffisante» (QD de Pot, q3, a9, ad9). Le mur du son est franchi dans un silence retentissant : la vie surgit dans l’instant. Rien de plus faux que l’image d’un esprit planant au dessus du magma pour s’y bâtir un corps à sa convenance ou, selon Platon, pour s’y engluer dans sa chute, voire dans son péché avec Origène. Ou encore pour certains aujourd’hui, s’incarnant à l’instant même de la fécondation. C’est tout le contraire. L’esprit est ultimement insufflé à la matière en labeur sous la motion de l’environnement. Il vient couronner l’espoir de la nature. Sinon, l’homme n’est pas engendré dans l’harmonie, mais son âme serait comme violemment incorporée à une matière hostile. Nous ne sommes plus témoins d’une création, mais d’un miracle. L’enfant naît d’un travail microscopique et tonitruant, d’un ordonnancement inouï de morts et de naissances. «Aussi bien chez l’homme que chez les autres animaux, par de multiples générations et destructions successives où la forme nouvelle contient tout ce que possédait la précédente et quelque chose de plus encore, on parvient à la dernière forme» (Som.Théol., Ia, q118, a2 QD de An., q11, ad1). Et saint Thomas d’énumérer, à la suite d’Aristote : d’abord semence, puis sang, puis chair et os, puis organes, etc. Evidemment, l’embryologie, une des magnifiques aventures de notre temps, révise cet inventaire à la hausse, à la complexité et à la précision, mais comment ne pas reconnaître la même intuition d’une succession planifiée d’états depuis la conception jusqu’au rejeton viable en passant par la période précoce, l’embryon et le fœtus. Bien plus les deux premiers sont eux-mêmes divisés en 23 stades de développement dits «Carnegie». A Nouveau, l’écho du génie d’Aristote résonne sourdement dans la science la plus actuelle. Et plus encore qu’on ne le croit ! ... «Pour avoir un chat, il ne suffit pas d’avoir l’ADN de chat, il faut l’œuf de chat, il faut l’utérus de chat, donc le chat tout entier, donc au final, il faut la lignée de chats ... On doit considérer l’organisme comme un écosystème ... La génétique n’est plus aujourd’hui une théorie scientifique, c’est un idéologie» (Kupiec et Sonigo, interview autour de Ni Dieu ni gène). A peine le programme de définition du génotype est-il achevé qu’une grande partie de ses conclusions est déjà récusée par les progrès de la biologie. Si l’ADN contribue à déterminer l’évolution de l’embryon, sa structure est elle-même fortement dépendante de son environnement. Le phénotype et son écosystème pourraient devenir en quelque sorte la cause du génotype. Mais Aristote semble dire aux biologistes : Allez plus loin encore que la lignée des hommes, c’est tout le Cosmos qui pénètre avec le spermatozoïde pour lui donner sa vigueur fécondante, c’est tout le Cosmos qui reçoit la semence avec l’oocyte féminin pour parachever l’union, c’est tout le Cosmos qui contribue à l’apparition de la vie, «car ce qui engendre un homme, c’est un homme plus le Soleil» (Phys. L2, ch2). L’homme est un microcosme !. Voici les propositions de ce mois : * Suite des cours précédents au menu 10 "E_Studium" :
* Articles au menu 9 "Articles de philosophie thomiste" :
* Chroniques au menu 8 "Actualité de Thomas d'Aquin" :
* Forum au menu 5 "Questions Disputées" :
* Et toujours, au menu 8 "Actualité de Thomas d'Aquin" :
JOYEUSES ET SAINTES FÊTES DE PÂQUES |
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