Question 6

L'âme est-elle composée de matière et de forme?

 

Objections : 1. Il semble que oui à ce que dit Boèce dans le livre De Trinitate[1]: une forme simple ne peut être sujet. Mais l'âme est sujet, à savoir des sciences et des vertus. Elle n'est donc pas une forme simple. Donc elle est composée de matière et de forme.

2. Boèce dit dans le livre De Hebdomadibus[2]: ce qui est peut participer à quelque chose, mais l'être même ne participe à rien. Et, par le même raison, les sujets participent, mais non pas leurs formes: ainsi le blanc peut participer à quelque chose en dehors de la blancheur, mais non pas la blancheur. Or l'âme participe à quelque chose, à savoir à tout ce par quoi elle est informée. L'âme n'est donc pas qu'une forme, elle est composée de matière et de forme.

3. Si l'âme n'est que forme et pourtant en puissance à quelque chose, il est très évident que l'être même est son acte: elle- même en effet n'est pas son être. Or d'une unique et simple puissance, unique est l'acte. Par conséquent, l'âme ne peut être sujet de rien d'autre que de l'être même. Or il est manifeste qu'elle est encore sujet de bien d'autres choses. Elle est donc, non  pas une substance simple, mais composée de matière et de forme.

4. Les accidents de la forme découlent tout entiers de l'espèce, mais les accidents matériels découlent de cet individu-ci ou de celui-là, car la forme est principe de l'espèce, la matière principe d'individuation. Par conséquent, si l'âme n'est que forme, ses accidents seront tout entiers consécutifs à l'espèce. C'est évidemment faux, car les qualités de musicien ou de grammairien et autres semblables, ne sont pas tout entiers consécutifs à l'espèce. L'âme n'est donc pas que forme, mais elle est composée de matière et de forme.

5. La forme est principe d'action, la matière principe de passivité. Donc partout où il y a action et passion, il y a forme et matière. Mais dans l'âme il y a action et passion, car l'opé­ra­tion de l'intellect passif consiste à recevoir - c'est pourquoi le Philosophe dit que l'intel­lection est un certain pâtir[3] - tandis que l'opération de l'intellect agent est dans l'agir - car il fait passer les intelligibles de la puissance à l'acte, comme le dit de De anima[4]. Donc il y a dans l'âme composition de matière et de forme.

6. Partout où se trouvent les propriétés de la matière, il faut qu'elle entre dans le composé. Or dans l'âme se trouvent les propriétés de la matière, comme être en puissance, recevoir, subir, et autres choses semblables. Donc l'âme est composée de matière et de forme.

 

7. Agents et patients exigent une matière commune, comme le montre le De generatione[5]. Tout ce qui peut pâtir d'un agent matériel comporte en soi la matière. Or l'âme peut pâtir d'un agent matériel, à savoir du feu infernal, qui est un feu corporel, comme le prouve Augustin dans le De civitate Dei[6]. Donc l'âme comporte en soi la matière.

8. L'action de l'agent ne se termine pas à la seule forme, mais au composé de matière et de forme, comme le montre la Métaphysique[7]. Mais l'action de cet agent qui est Dieu se ter­mine à l'âme. Donc l'âme est composée de matière et de forme.

9. Ce qui est exclusivement forme est d'emblée un étant et une unité, et n'a pas besoin d'une [cause] qui en fasse un étant et une unité, comme dit le Philosophe[8]. Mais l'âme a besoin d'une [cause] qui en fasse un étant et une unité, à savoir Dieu créateur. Elle n'est donc pas que forme.

10. L'agent est nécessaire pour conduire quelque chose de la puissance à l'acte. Mais être con­duit de la puissance à l'acte ne convient qu'aux réalités dans lesquelles il y a matière et forme. Si donc l'âme n'est pas composée de matière et de forme, elle n'a pas besoin d'une cause agente, ce qui est manifestement faux.

11. Alexandre dit que l'âme a un intellect "yléen" [matériel][9]. Or "ylée" signifie la matière première. Il y a donc dans l'âme quelque chose de la matière première.

12. Tout ce qui est, ou bien est acte pur, ou bien puissance pure, ou bien composé de matière et de forme. Mais l'âme n'est pas acte pur, seul Dieu l'est; ni puissance pure, autre­ment elle ne différerait pas de la matière première. Elle est donc composée de puissance pure et d'acte. Ainsi, elle n'est pas exclusivement forme, puisque la forme est acte.

13. Tout ce qui est individué l'est en vertu de la matière. Mais l'âme n'est pas individuée en vertu de la matière dans laquelle (in qua) elle est, à savoir le corps sinon, à la disparition du corps, cesserait son individuation. Elle est donc individuée en vertu de la matière d'où (ex qua) elle est [composée]. Elle comporte donc la matière pour partie.

14. Agent et patient ont quelque chose de commun, comme le montre le De generatione[10]. Mais l'âme pâtit des choses sensibles, qui sont matérielles. Et il n'y a pas lieu de dire que dans l'âme autre est la substance de l'âme sensible, autre celle de l'âme intellectuelle. L'âme a donc quelque chose de commun avec les réalités matérielles; et ainsi, il faut qu'elle com­porte en soi la matière.

15. Puisque l'âme n'est pas plus simple que l'ange, il faut qu'elle soit dans le genre [esprit] au titre d'une espèce. Car cela convient à l'ange. Mais tout ce qui est dans un genre à titre d'es­pèce paraît composé de matière et de forme, car le genre se comporte comme la matière, et la différence comme la forme. Donc l'âme est composée de matière et de forme.

16. La forme commune se diversifie dans le multiple par la division de la matière. Or l'intel­lectualité est une sorte de forme commune non seulement aux âmes mais encore aux anges. Il faut donc qu'il y ait dans les anges et les âmes quelque matière, par la division de laquelle ce type de forme soit distribué dans le multiple.

17. Tout ce qui est mû comporte de la matière. Or l'âme est mue: par là Augustin[11] montre que l'âme n'est pas d'une nature divine, puisque soumise au changement. L'âme est donc composée de matière et de forme.

 

En sens contraire : Tout composé de matière et de forme a une forme. Si donc l'âme est com­posée de matière et de forme, elle a une forme. Mais l'âme est forme. La forme a donc une forme, ce qui paraît impossible, car alors on procéderait à l'infini.

 

Réponse : Il faut dire que sur cette question diverses opinions se font jour. Certains disent que l'âme, et en général toute substance en dehors de Dieu, est composée de matière et de forme. Le premier inventeur de cette position est Avicebron, auteur du livre La fontaine de vie[12]. La raison en est - elle est touchée par les objections - qu'il faut que partout où se ren­contrent les propriétés de la matières se rencontre la matière. Par suite, puisque dans l'âme se rencontrent les propriétés de la matière, comme recevoir, subir, être en puissance, et autres choses sem­blables, on juge nécessaire la présence de la matière dans l'âme. Mais la raison est frivole et la position intenable.

La faiblesse de ce raisonnement apparaît du fait que recevoir, subir, et autres choses sem­blables, ne s'appliquent pas sous la même raison à l'âme et à la matière première, car la matière première ne reçoit rien sans transmutation et mouvement. Et parce que toute trans­mutation et mouvement se réduit au mouvement local comme à ce qu'il y a de premier et de plus commun - les Physiques le montrent bien[13] - il reste que la matière se rencontre seule­ment chez les [sujets] qui sont en puissance par rapport au lieu. Cette situation ne concerne que les choses corporelles qui sont assignées au lieu. Par conséquent, on ne trouve la matière que dans les choses corporelles, d'après ce qu'ont dit les philosophes de la matière, à moins que l'on veuille prendre la matière de façon équivoque. Or l'âme ne reçoit pas par transmuta­tion et mouvement, mais tout au contraire par séparation du mouvement et des choses mou­vantes, d'après ce que disent les Physiques[14]: c'est en se tenant au repos que l'âme devient savante et sage. C'est pourquoi le Philosophe dit que l'intellection est un pâtir d'un autre mode que la passion dans les choses corporelles. Si donc quelqu'un veut conclure que l'âme est composée de matière parce qu'elle reçoit ou pâtit, manifestement il est abusé par l'équivoque. Ainsi donc est-il manifeste que la raison susdite est frivole.

Qu'une telle position soit intenable, on peut le manifester de multiples façons. Pre­mière raison: en advenant à la matière, la forme constitue l'espèce. Si donc l'âme est compo­sée de matière et de forme, de l'union même de la forme à la matière de l'âme résultera une espèce donnée dans la nature des choses. Or ce qui par soi est espèce n'est pas uni à quel­que autre pour constituer une espèce, à moins que l'un ou l'autre ne soit corrompu en quelque façon, comme lorsque des éléments s'unissent pour composer l'espèce du mixte. L'âme humaine ne serait donc pas unie au corps pour constituer l'espèce humaine, mais l'espèce humaine tout entière consisterait dans l'âme, ce qui est évidemment faux, car si le corps n'ap­parte­nait pas à l'espèce de l'homme, il adviendrait à l'âme par accident. On ne pourrait pas dire non plus dans cette hypothèse que la main est composée de matière et de forme, puisqu'elle n'a pas d'espèce complète, étant partie de l'espèce: il est manifeste en effet que la matière de la main n'atteint pas séparément sa perfection, mais qu'il y a une forme unique qui simultanément actualise la matière de tout le corps et de toutes ses parties; ce qu'on ne pour­rait dire de l'âme, si elle était composée de matière et de forme, car il faudrait d'abord que la matière de l'âme soit, par ordre de nature, actualisée par sa forme, et ensuite que le corps soit actualisé par l'âme; à moins de dire peut-être que la matière de l'âme fasse partie de la matière corporelle, ce qui est totalement absurde.

En outre, la position mentionnée se révèle impossible du fait que dans tout composé de matière et de forme, la matière se comporte comme ce qui reçoit l'être, mais non comme ce par quoi quelque chose est: en effet cette dernière [détermination] est le propre de la forme. Si donc l'âme est composée de matière et de forme, il est impossible que l'âme en son tout soit principe formel d'être pour le corps. L'âme ne sera donc pas forme du corps, mais [le sera] quelque chose de l'âme. Or ce qui est forme de ce corps, quel qu'il soit, est âme. L'âme n'est donc pas le composé de matière et de forme que l'on imaginait, elle n'est que forme.

Une autre raison semble rendre l'hypothèse impossible. En effet, si l'âme est composée de matière et de forme, et derechef le corps, l'une et l'autre aura par soi son unité. Et ainsi il sera nécessaire de poser un tiers par lequel l'âme soit unie au corps. Et cela, quelques uns de ceux qui suivent l'hypothèse susdite le concèdent. Ils disent en effet que l'âme est unie au corps par la médiation de la lumière: la végétative par la médiation de la lumière du ciel sidé­ral, la sensible par celle de la lumière du ciel cristallin, la rationnelle par celle de la lumière du ciel empyrée - toutes choses fabuleuses! Il faut en effet que l'âme soit unie au corps immé­diatement, comme l'acte à la puissance, ainsi que le montre la Métaphysique[15]. Par là devient manifeste que l'âme ne peut être composée de matière et de forme. Il n'est pas exclu cepen­dant qu'il y ait dans l'âme acte et puissance, car la puissance et l'acte ne se trouvent pas seule­ment dans les réalités sujettes au changement, mais leur distinction est plus universelle, comme dit le Philosophe[16], alors que la matière n'est que dans les réalités mouvantes.

Comment se trouvent acte et puissance dans l'âme, il faut l'examiner en procédant des cho­ses matérielles aux immatérielles. Dans les substances composées de matière et de forme, nous trouvons trois composantes: la matière, la forme, et en troisième l'être, dont le prin­cipe est la forme, car la matière participe à l'être de ce qu'elle reçoit la forme. Ainsi donc l'être suit la forme même, et cependant la forme n'est pas son être, puisqu'elle en est le principe. Et bien que la matière n'atteigne à l'être que par la forme, cependant la forme, en tant que forme, n'a pas besoin de la matière pour son être, étant donné que l'être suit la forme même, mais elle a besoin de la matière puisqu'elle est telle qu'elle ne subsiste pas par soi. Rien n'empêche cependant qu'il y ait une forme séparée de la matière qui possède l'être; et dans une forme de ce genre, l'essence même de la forme se rapporte à l'être comme la puissance à son acte pro­pre. Et ainsi, dans les formes subsistant par soi, se ren­contrent et la puissance et l'acte pour autant que l'être même est acte de la forme subsis­tante, laquelle n'est pas son être. Mais s'il y a quelque chose qui soit son être - c'est le pro­pre de Dieu - là, il n'y a pas puissance et acte, mais acte pur. De là vient que Boèce dans le De hebdomadibus[17] dit que dans les [étants] qui sont autres que Dieu, diffèrent l'être et le "ce qui est", ou, comme disent certains, le "ce qui est" et le "ce par quoi c'est", car l'être même est ce par quoi quelque chose est, comme la course est ce par quoi quelqu'un court. Puisque donc l'âme est une forme pouvant subsister par soi, il y a en elle composition d'acte et de puissance, à savoir d'être et de "ce qui est", mais non composition de matière et de forme.

 

Solutions : 1. Boèce parle là de la forme qui est absolument simple, à savoir de l'essence divine, dans laquelle, puisque rien ne sort de la puissance et qu'elle est acte pur, un sujet [dis­tinct de l'acte] ne peut être en aucune façon. Les autres formes simples, si elles sont subsis­tantes, comme les anges et les âmes, peuvent cependant être des sujets pour autant qu'elles comportent de la puissance, en fonction de quoi il leur revient de recevoir quelque chose.

2. L'être même, c'est l'acte ultime qui peut être participé par tous alors que lui-même ne parti­cipe à rien. Par conséquent, supposé quelque chose qui soit l'être même subsistant, comme nous le disons de Dieu, nous disons qu'il ne participe à rien. Mais la raison ne vaut pas pour les autres formes subsistantes, qui participent nécessairement à l'être même et se rapportent à lui comme la puissance à l'acte. Et ainsi, puisqu'elles sont sous un certain mode en puissance, elles peuvent participer à quelque chose d'autre.

3. Non seulement quelque forme se rapporte à l'être comme la puissance à l'acte, mais encore rien n'empêche qu'une forme se rapporte à une autre comme la puissance à l'acte, par exemple le diaphane à la lumière et les humeurs à la chaleur. Par conséquent si la dia­phanéité était une forme séparée subsistant par soi, elle serait réceptrice non seulement de l'être même, mais encore de la lumière. Pareillement, rien n'empêche les formes subsistan­tes que sont les anges et les âmes, non seulement d'être réceptrices de l'être même, mais encore d'autres perfections. Toutefois, plus les formes subsistantes de ce genre seront par­faites, moins nombreuses sont les formes auxquelles elles participent pour atteindre à leur perfection, vu qu'elles ont plus de perfection dans l'essence de leur nature.

4. Bien que les âmes humaines soient seulement des formes, elles sont cependant des for­mes individuées dans les corps et multipliées selon la multitude des corps. Par conséquent, rien n'empêche que quelques accidents dérivent selon leur individualité alors qu'ils ne déri­vent pas de toute l'espèce.

5. La passion de l'âme attribuée à l'intellect possible n'est pas du genre de la passion attri­buée à la matière, mais "passion" est dit d'une manière équivoque dans l'un et l'autre cas, comme le montre le Philosophe[18], attendu que la passion de l'intellect possible consiste dans une récep­tion de type immatériel. Et pareillement l'action de l'intellect agent ne relève pas du mode d'action des formes matérielles, car l'action de l'intellect agent procède en abstrayant de la matière, celle des agents naturels en imprimant les formes dans la matière. Par conséquent, que passion et action de ce genre se trouvent dans l'âme, il ne s'ensuit pas que l'âme soit com­posée de matière et de forme.

6. Recevoir et subir et autres choses de ce genre se rencontrent dans l'âme d'une autre façon que dans la matière première. Par conséquent il ne s'ensuit pas que les propriétés de la matière se trouvent dans l'âme.

7. Bien que le feu de l'enfer dont l'âme pâtit soit matériel et corporel, cependant l'âme n'en pâtit pas matériellement, à savoir suivant le mode des corps matériels, mais elle pâtit de ce feu une affliction spirituelle, en ce qu'il est l'instrument de la divine justice du juge.

8. L'action du géniteur se termine au composé de matière et de forme parce que le géniteur naturel n'engendre qu'à partir de la matière. En revanche, l'action du créateur ne procède pas de la matière; et donc il ne faut pas que l'action du créateur se termine au composé de matière et de forme.

9. Les [étants] qui sont des formes subsistantes, dans la mesure où ils sont "un" et "étant", ne requièrent pas de cause formelle, puisqu'ils sont eux-mêmes des formes. Ils ont cepen­dant une cause agente externe qui leur donne l'être.

10. L'agent agissant par mouvement conduit quelque chose de la puissance à l'acte, mais l'agent qui agit sans mouvement ne conduit pas de la puissance à l'acte, mais il fait être en acte ce qui selon la nature est en puissance à être. Un tel agent est créateur.

11. L'intellect possible est nommé par certains intellect "yléal", c'est-à-dire matériel, non pas qu'il soit une forme matérielle, mais parce qu'il a une ressemblance à la matière, en tant qu'il est en puissance aux formes intelligibles comme la matière l'est aux formes sensibles.

12. Bien que l'âme ne soit ni acte pur, ni puissance pure, il ne s'ensuit pas qu'elle soit com­po­sée de matière et de forme, comme il est manifeste d'après ce qu'on a dit.

13. L'âme n'est pas individuée par la matière d'où (ex qua) elle est, mais par son rapport à la matière dans laquelle (in qua) elle est. Comment cela peut être, les questions précédentes l'ont manifesté.

14. L'âme sensitive ne pâtit pas des sensibles, mais le composé. En effet sentir, lequel est un certain pâtir, n'est pas de l'âme seulement, mais de l'organe animé.

15. L'âme n'est pas proprement dans le genre à titre d'espèce, mais comme partie de l'es­pèce humaine. De là ne suit pas qu'elle soit composée de matière et de forme.

16. L'intellectualité ne convient pas à plusieurs comme l'unique forme de l'espèce se distri­bue en plusieurs par division de la matière; mais elle est plutôt diversifiée par la diversité des for­mes, que les formes soient différentes par l'espèce, comme homme et ange, ou qu'elles soient différentes par le nombre seul, comme les âmes des divers hommes.

17. L'âme et les anges sont dits des esprits sujets au changement pour autant qu'ils peuvent changer en fonction du choix opéré: lequel changement va d'opération en opération. Pour ce changement, la matière n'est pas requise, elle ne l'est que pour les changements naturels, les­quels vont de forme à forme ou du lieu au lieu.



[1]  De Trinitate, c.2, P.L. 64, 1250 D.

[2]  De hebdomadibus, P.L. 64, 1311 B.

[3]  De anima, III, 429 a 13-15.

[4]  Ibid. III, 430 a 14-16.

[5]  De gener. et corr. I, 322 b 18-20.

[6]  De civ. Dei XXI, 10, P.L. 41, 724-725.

[7]  Metaph. VII, 1033 b 16-19.

[8]  Metaph. VIII, 1045 a 36 - b 7.

[9]  Cf. Albertus, Summa de homine, tr. 1, q.7, a. 3, arg. 13.

[10] De gener. et corr. I, 323 b 31-33.

[11] De libero arbitrio,  II, 20; De civ. Dei XII, 8, P.L. 40, 809.

[12] Fons vitae I, c.5; II c.24; IV c.1, c.5.

[13] Phys. VIII, 260 a 27-261 a 27.

[14] Phys. VII, 247 b 23-24.

[15] Metaph. VIII, 1045 b 7-22.

[16] Metaph. IX, 1048 a 25-30.

[17] De hebdom., P.L. 64, 1311 B.

[18] De anima III, 429 a 29-b 4.