Du Ciel, de la Génération, des Météores

 

PROHEME AU COMMENTAIRE DU TRAITE DU CIEL.

 

Selon le philosophe au début de sa Physique, « nous pensons connaître quelque chose lorsque nous en connaissons ses causes et ses principes premiers, et jusqu'à ses éléments ». Il veut nous montrer par là qu'il y a un ordre de procéder dans les sciences consistant à partir des premières causes et des premiers principes pour aller jusqu'aux causes les plus immédiates : les éléments constituant l'essence de la réalité en question. Et cela est rationnel : l’avancement des sciences est effectivement une œuvre de la raison où l'on trouve, comme dans chacune de ses réalisations, une progression ordonnée d'un point à un autre. On le constate aussi bien pour la raison pratique, dont la considération porte sur ce que nous faisons, que pour la raison spéculative, qui étudie ce qui a été fait sans elle.

 

Le développement du raisonnement pratique suit un quadruple ordre. Un de saisie tout d'abord : ainsi, l’artisan conçoit la forme de la maison pour elle-même avant de la matérialiser. Un d'intention ensuite, car ce même artisan qui veut porter la maison à son achèvement, s'occupe de chaque étape qui concourt à sa réalisation. Un de composition en outre, car il commence par tailler les pierres puis les assemble en un mur. Un de soutènement enfin, car il creuse d'abord les fondations sur lesquelles tout le reste reposera.

 

Analogiquement, on retrouve ces quatre mêmes démarches avec la raison spéculative. Elle passe d'abord du commun au moins commun, ce qui correspond, toutes proportions gardées, à notre premier ordre dit de saisie. Le concept universel renvoie à la forme comme telle tandis que le concept particulier renvoie à la forme matérialisée. Aristote écrit par exemple au premier livre du Traité du Ciel : qui dit “galaxie” dit la forme seule, mais qui dit “cette galaxie” dit une forme matérialisée. Deuxièmement, elle passe du tout aux parties, ce qui correspondrait à l'ordre d'intention : on considère en effet le tout avant ses parties matérielles, c'est à dire celles qui l'individualisent ; dans la définition du demi-cercle par exemple, est déjà posée celle du cercle ( le demi-cercle est “ la moitié d'un cercle” ), et la définition de l'angle aigu suppose celle de l'angle droit (l'angle aigu est un angle inférieur à 90°) ‑ lorsque le cercle ou l'angle droit sont divisés, il ne s'agit pas de parties spécifiques, car la considération de ces dernières précède celle du tout et intervient dans sa définition. Troisièmement elle passe du simple au complexe puisque ce dernier est connu par les éléments simples qui en sont ses principes. On peut comparer cela à l'ordre dit de composition. Quatrièmement, elle doit considérer en premier les parties principales, comme par exemple le cœur ou le foie, avant les artères ou le sang, analogiquement à l'ordre pratique qui commence par poser les fondements.

 

Aussi retrouve-t-on ces quatre ordres dans le développement des sciences de la nature. Les concepts communs de la nature sont mis au point dès la Physique, qui traite de l'être mobile comme tel. Il reste alors aux autres livres à les appliquer à leurs sujets propres. Le sujet du mouvement est un volume matériel car tout mouvement est quantitatif. Mais les corps physiques sont aussi organisés de trois autres façons : premièrement l'Univers, qui totalise l'ensemble des corps, est à envisager avant ses parties, deuxièmement l'étude des réalités de structure simple doit précéder celles élaborées, et enfin, parmi ces structures simples, il faut d'abord considérer les primordiales sur lesquelles se greffent les autres : les corps célestes. C'est de ces trois ordres que traite ce livre appelé du Ciel par les Grecs. On y lit en effet des considérations sur l'Univers dans sa totalité au premier livre, sur les corps célestes dans le second et sur les autres réalités de structure simple dans les deux suivants. Cet ouvrage est donc logiquement le premier à suivre le traité des Physiques. Aussi commence-t-il avec la notion de corps, à laquelle il faut appliquer tout ce que la physique dit du mouvement.

 

Ce livre aborde beaucoup de problèmes, et les anciens commentateurs d'Aristote se sont interrogés sur son sujet. De l'avis d'Alexandre, c'est principalement l'Univers lui-même. Le mot « Ciel » désigne en effet tantôt la sphère ultime, tantôt tout corps animé de mouvement circulaire, tantôt l'Univers entier ; aussi ce commentateur affirme-t-il que le titre du Ciel équivaut à de l'Univers ou bien à du Monde, montrant par-là qu'Aristote arrive à des conclusions qui concernent l'Univers dans son ensemble, comme sa finitude, son unité, etc. D'autres, au contraire, ont vu comme sujet principal le corps céleste animé de mouvement circulaire. D’où son titre du Ciel. Les autres corps physiques y sont abordés soit parce qu’ils sont contenus dans le Ciel et reçoivent son influence, comme le pense Jamblique, soit parce qu’on a accidentellement besoin de connaître d'autres corps pour éclairer son propos sur le Ciel, selon les dires de Syrianos. Mais il paraît peu probable qu'après que le philosophe a traité du Ciel au second livre, il ait joint aux deux suivants des considérations sur les corps simples, exactement comme s'il en faisait son sujet premier. Il n'est pas en effet dans les habitudes d'Aristote de regarder comme partie principale d'une science des données accidentelles. Il a semblé à d'autres, et à Simplicius, que l'intention de ce livre était de traiter des corps de structure simple dans ce qu'ils ont de commun. Cet ouvrage prendrait son titre du Ciel parce que celui-ci est le plus important d'entre eux et leur fondement. En disant cela, on justifie que le texte aborde la question de l'Univers : certaines propriétés sont en effet communes aux corps célestes et à l'Univers (la finitude, l’éternité, ...), mais si l'intention essentielle d'Aristote avait été de parler de l'Univers ou du Monde, il aurait étendu sa considération à tous les aspects de celui-ci, y compris aux plantes et aux animaux comme Platon dans son « Timée ». Pourtant le même argument se retourne contre Simplicius : s'il s'agissait premièrement de l'étude des corps de structure simple, il aurait fallu parler de tout ce qui leur appartient, et non pas seulement, comme c'est le cas, de leur gravitation, en abandonnant le reste au traité de la Génération.

 

C'est pourquoi semble plus rationnelle la pensée d'Alexandre, pour qui le sujet de l'ouvrage est l'Univers, sous les noms de Ciel ou de Monde. Les corps simples y sont considérés comme des composants du Cosmos. L'Univers matériel est constitué par un ordre spatial entre eux. Aussi le texte n'aborde-t-il que les composants dont la caractéristique essentielle est d'avoir « place » dans l'Univers : les corps de structure simple. Pour cette raison également, il n'étudie pas la température des quatre éléments ou toute propriété autre que la gravitation qui détermine cette place. On n'assigne un endroit dans l'Univers aux autres composants comme les roches, les plantes ou les animaux, que par rapport à un corps de structure simple. Aussi ce livre n'en parle-t-il pas. La même pensée fait dire aux commentateurs latins que l'ouvrage traite des corps en mouvement local car ce mouvement est commun à tous les composants de l'Univers.

 

 

PREMIÈRE LEÇON DU COMMENTAIRE DU TRAITE DU CIEL

 

Dans ce premier livre, Aristote entreprend d’appliquer aux corps ce qu’il a globalement dit du mouvement dans les Physiques. Il montre d’abord, en un prohème, qu’il appartient à la science de la Nature de déterminer des corps et des grandeurs avant de poursuivre son propos. Il donne à cette fin l’argument suivant : les êtres naturel sont des corps et des grandeurs, ainsi que tous leurs attributs, mais la science de la Nature porte sur les réalités naturelles, donc sur les corps et les grandeurs.

 

Il commence par la conclusion : « la science de la Nature porte surtout sur les corps et les grandeurs comme la ligne et la surface ». Mais le naturaliste, à la différence du géomètre, considère les corps en tant que mobiles et les surfaces et les lignes en tant que frontières des corps mobiles. Alors que la géométrie voit en elles des quantités mesurables. Et comme il revient à la science de considérer les sujets, mais aussi les passions, il ajoute que la cience naturelle traite surtout des passions et des mouvements. Par passion, on peut entendre altération, ainsi que les mouvements qui en découlent et altèrent quelque chose dans la substance. Il ajoute alors « ... et les mouvements » afin de procéder du spécifique au commun. Ou bien, par mouvement, il désigne spécialement le mouvement local, qui est le plus parfait dans le genre mouvement. Ou encore, par passion, il signifie propriétés et par mouvement les opérations des êtres naturels, qui ne peuvent s’exécuter sans mouvement.

 

Une science, quelle qu’elle soit, doit considérer les principes. Aussi ajoute-t-il que la science de la Nature porte sur l’ensemble des principes des substances naturelles que sont les corps mobiles. Ceci explique qu’il appartienne à la science de la Nature de considérer principalement les corps comme relevant du genre substance et sujet du mouvement, et à la géométrie comme relevant du genre quantité et sujet de mesures.

 

La mineure – la science de la Nature porte sur les réalités naturelles – est manifeste, car relèvent de la Nature, d’une part les corps et les grandeurs, comme la pierre et les autres êtres inanimés, d’autre part les êtres ayant corps et grandeur, comme les plantes et les animaux, mais dont la partie principale est l’âme (ils doivent plus ce qu’ils sont à leur âme qu’à leur corps), d’autre part encore les principes de ce qui a corps et grandeur, comme l’âme ou toute forme en général, et la matière. Aristote dit que la science de la Nature porte surtout sur les corps et les grandeurs, car pour une partie elle traite des corps et des grandeurs, pour une autre de leurs principes et pour une troisième seulement de réalités qui n’existent pas dans la Nature, mais à qui certains ont attribué corps et grandeur, comme le vide et l’infini.

 

 

PROHEME AU TRAITE DE LA GÉNÉRATION

 

Les sciences se modèlent sur la réalité, car l’acquis se distingue par son objet et en reçoit son espèce. Or le naturaliste considère les mouvements et les mobiles. Tout mu, tout moteur relève de la science physique. C’est pourquoi les différences de mouvement et de mobile distinguent et ordonnent les chapitres de la science naturelle. Le premier et le plus parfait est le mouvement local. Il est commun à tous les corps naturels. Aussi, après l’étude générale des mouvements et des mobiles, livrée dans les Physiques, il faut d’abord traiter du mouvement local des corps, objet du traité du Ciel et seconde partie de la science naturelle. Reste après cela l’étude de la suite des mouvements qui ne sont pas communs à tous les corps mais qu’on n’observe que chez les êtres inférieurs, parmi lesquels la génération et la corruption tiennent la place principale. L’altération en effet est ordonnée à la génération comme à sa fin, qui est naturellement plus parfaite que les mouvements qu’elle finalise. La croissance succède à la génération. En effet, elle ne se fait pas sans quelque génération particulière, par laquelle, l’aliment est convertit en nourri. Comme dit le Philosophe, la nourriture nourrit en tant qu’elle est potentiellement chair, elle assure la croissance en tant qu’elle est potentiellement telle quantité de chair. C’est pourquoi il est nécessaire, parce que ces mouvements succèdent à la génération, que l’on traite d’eux conjointement avec la génération et la corruption.

 

Là où quelque chose se retrouve en maints endroits, il faut d’abord analyser le commun avant de parvenir aux espèces, afin d’éviter de se répéter pour chaque cas particulier. Il faut donc étudier la génération et la corruption en général avant d’en aborder les spécificités. De même, si en quelque genre, existe un premier être qui soit cause des autres, on doit le considérer en commun avec le genre, puisqu’il est la cause de tout le genre et qu’étudier un genre, c’est étudier ses causes. Aussi, dans ses Métaphysiques, Aristote traite-t-il simultanément de l’être en commun et de l’être premier séparé de la matière. Dans le genre “engendrable et corruptible”, ce sont les éléments, les causes premières de génération, de corruption et d’altération de tous les autres corps. Aussi l’auteur, dans cette troisième partie de la science de la Nature, traite non seulement de la génération et de la corruption en général ainsi que des changements liés, mais aussi de la génération et de la corruption des éléments. Ceci établi afin d’exposer l’intention d’Aristote, accédons maintenant à la teneur de son travail.

 

 

PREMIÈRE LEÇON DU TRAITE DE LA GÉNÉRATION

 

Dans ce livre, donc, le philosophe pose d’abord un prohème expliquant son intention, avant de poursuivre son propos. Il énonce donc d’abord ce qu’il entend principalement faire, en continuité avec le livre du Ciel, où nous lisons : « on traite de cette façon du lourd et du léger ». Puis il ajoute : « concernant la génération et de la corruption de réalités de nature engendrable et de corruptible … », c'est-à-dire d’êtres qui par nature sont engendrés et corrompus, « … il faut toutes les classer universellement et selon les causes », comme si on donnait des causes différentes à la génération et à la corruption, ou encore comme si nous distinguions les causes communes, à appliquer aux espèces singulières d’êtres naturellement engendrés ou corrompus, « Et il faut préciser leur notion » de génération ou de corruption, ou bien même des êtres naturellement engendrés ou corrompus ; le naturaliste doit connaître chacune de leurs définitions, car il ne considère pas seulement le mouvement, mais aussi les mobiles eux-mêmes. Il écrit « les êtres engendrés et corrompus par nature », car il n’incombe pas au naturaliste de considérer la génération et la corruption artificielle. Puis il propose de traiter plus tard des mouvements qui en découlent, à savoir ce que sont l’altération et l’augmentation. Il promet enfin, en troisième lieu, de comparer entre elles les notions en question : faut-il par exemple estimer (ou accepter) que la nature et la notion d’altération soit identique à celle de génération, ou qu’elles soient éloignées, c'est-à-dire distincte, de sorte que leur raison et leur nature diffèrent autant que leurs noms sont précisés, c'est-à-dire différents.

 

 

PREMIÈRE LEÇON DU TRAITE DES MÉTÉORES

 

 

Rien dans la nature n’est parfait tant qu’il est en puissance. L’être naturel n’est totalement achevé que lorsqu’il est en acte ultime. En mode intermédiaire, entre pure puissance et acte pur, il connaît une perfection relative et non absolue. Il en est de même de la science. Celle qui concerne l’universalité des choses n’est pas complète selon son acte ultime. Elle demeure un mode intermédiaire entre la seule puissance et l’acte final. Savoir dans l’universel, c’est savoir véritablement en acte quelque chose relevant de la notion propre, cependant, dans cet universel, le reste n’est que potentiellement connu et non effectivement. Ne connaître d’“homme” que son animalité, c’est effectivement ne posséder qu’une partie de sa définition, à savoir son genre, et n’appréhender encore qu’en puissance et non en acte, les différences constitutives de l’espèce. Il est donc clair que la plénitude de la science requiert qu’on ne s’arrête pas aux communs, mais qu’on aille jusqu’à l’espèce. L’individu, lui, ne tombe pas sous la considération scientifique, car de lui, il y a sensation mais pas intellection.

 

Dans son de la Génération, Aristote a abordé communément la transmutation des éléments. Il lui faut donc compléter la science de la Nature avec l’analyse des différentes sortes de transmutations les affectant. Il le fait dans ce livre intitulé des Météores, dont l’objectif est de déterminer les espèces singulières de mutations élémentaires. Intention qu’il manifeste en un prohème, où il énumère d’abord les sujets abordés dans les traités de philosophie de la Nature précédant son propos, il formule ensuite la teneur de ce livre et signale enfin ce qui reste à traiter.

 

Selon l’ordre de la science de la Nature, trois traités précèdent ce livre. Aristote indique donc d’abord le sujet des Physiques. Ses deux premiers livres concernent les causes de la Nature, ce qu’il évoque en écrivant, dans la conclusion sur les “traités précédents” « ... donc, des premières causes de la Nature ... », signifiant par là les causes premières de la Nature et ses principes premiers, que sont la matière, la forme et la privation, ainsi que les quatre genres de causes, à savoir la matière, la forme, l’agent et la fin. Les livres suivants des Physiques traitent du mouvement en général et Aristote ajoute « ... et de tout mouvement naturel ... ». Le deuxième traité est le du Ciel et du Monde, où dans une première partie, deux livres étudient le Ciel et les étoiles mus d’un mouvement circulaire, et l’auteur écrit : « ... en outre, selon la translation supérieure des astres du Cosmos ... ». Par “Cosmos”, il entend harmonie grandiose et par “translation supérieure”, le mouvement circulaire affectant tous les corps célestes. Dans une seconde partie, les livres trois et quatre fixent le nombre des éléments et leur mouvement local, et Aristote d’ajouter : « ... et des éléments corporels, quels sont-ils et combien ... ». Il dit “les éléments corporels” pour les différencier des principes premiers que sont la matière et la forme. Le feu, l’eau et la terre sont en effet des corps et les éléments des autres corps. Le troisième traité de la science de la Nature – de la Génération – considère les permutations mutuelles des éléments dans le second livre, et dans le premier, de la génération et de la corruption en général, ce qu’Aristote signale en disant « ... et de ce qui mutuellement, etc. ».

 

Il donne ensuite le sujet du présent ouvrage, son nom usuel et son contenu. Reste donc à considérer maintenant, dans cette recherche sur la Nature, ce que tous les philosophes ont autrefois appelé Météorologie, de “météoron” : qui est supérieur ou élevé, et “logos” : discours ou raison. On y étudie les événements atmosphériques, comme les météorites, les comètes, la pluie, la neige, etc. Certes, des manifestations issues des profondeurs comme les fleuves, les séismes, etc. sont aussi abordées, mais la science reçoit son nom des phénomènes célestes, qui sont plus étonnants et plus attirants.

 

Les objets contenus dans cette discipline sont de quatre catégories. D’abord ceux dont l’origine est à la limite des corps célestes, ce qu’Aristote dit : « ... il s’agit ... », à savoir ce qui reste à considérer, « ... de tout ce qui arrive selon la Nature, mais de façon désordonnée », et par hasard, selon certains. Le désordre naturel ne relève pas des premiers éléments corporels, c'est-à-dire des corps célestes, dits “éléments” en raison de leur participation à tous les corps bien qu’ils ne viennent pas en composition des corps mixtes comme les éléments. Nous parlons maintenant de la Nature qui est plus désordonnée que celle qui gère le Cosmos. Les astres se comportent toujours à l’identique, tandis que les transmutations des corps inférieurs sont sujettes à de nombreuses variations. C’est pourquoi certains, considérant que n’est naturel que le permanent et non le fréquent, ont cru devoir les attribuer non pas à la Nature, mais au hasard. Redisons qu’il s’agit des phénomènes limitrophes de l’Espace et des orbites planétaires, c’est là leur différence. C’est ce qu’Aristote illustre en disant : « comme de la Voie Lactée ... », c'est-à-dire l’orbite lactée ou “Galaxie”, « ... et des astres dits comètes et des phénomènes [c'est-à-dire des apparitions] enflammés et mobiles ... », qu’on appelle météorites.

 

Ensuite, Aristote énumère les événements sous-jacents aux précédents, qui sont communs à l’air et à l’eau, car l’eau s’origine dans l’atmosphère par transformation de vapeur.

 

Puis il en vient au niveau du sol. « ... Il faut dire ce que sont les parties de la Terre ... », à savoir l’Orient, l’Occident, le Septentrion, et le Midi, « ... et leurs propriétés ... », car certaines sont sulfureuses, d’autres pierreuses, d’autres dissoutes de façon ou d’autre. « ... Des caractéristiques de la Terre, nous considérerons toutes les causes de souffle ... », c'est-à-dire des vents qui se différencient selon les zones géographiques, « ... de même, des tremblements de terre ... » dont les causes relèvent des différences de structures terrestres, « ... et de tout ce qui arrive ainsi ... », c'est-à-dire analogiquement aux vents et séismes. De tout cela, on ne peut parvenir à une connaissance ni parfaite ni certaine, mais on demeure dans une certaine indécision à chaque niveau de réflexion « ... où nous atteignons une certaine vérité ... ».

 

Enfin, il passe à ce qui descend vers les profondeurs sous l’impulsion des vents. « ... En outre, nous parlerons des fleuves et des chutes, des typhons [qu’on appelle “siphons”] et des aspirations ... » liées à ce genre de cyclone, « ... et autres circulations liées à l’agrégation des matières ... », à savoir les éléments. Car les typhons sont générés par l’accumulation de matières en rotation, et beaucoup d’événements comparables se produisent par compactage matériel et circulation. Mais on peut aussi rattacher ces phénomènes au rayonnement et au halo (c'est-à-dire à l’orbite immuable du soleil, de la lune et des étoiles), produits par leur réverbération sur de la matière agrégée.

 

Aristote indique ensuite ce qu’il reste à traiter dans les livres suivants : Après avoir vu tout cela, il restera à étudier, autant que possible selon un mode identique à celui suivi jusqu’à présent – en cherchant les causes plutôt qu’en récitant les opinions des autres – les animaux et les plantes, en général et selon chaque espèce. Alors, la science de la Nature, telle qu’au départ, nous voulions la transmettre, sera pratiquement achevée. Il dit “pratiquement”, car toutes les réalités naturelles ne peuvent être connues de l’homme.

 

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